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J’entends souvent dire en bord de carrière lors de nos manifestations publiques et démonstrations sur l’équitation western (jumping de Bordeaux, Salon du Cheval de Paris, Equita Lyon) : « non, non, je n’aime pas le western, c’est un truc de cowboys, je ne m’y reconnais pas, moi, je préfère l’éthologie ».

Sur le principe de traitement avec douceur des chevaux, puisqu’il s’agit de cela, l’histoire ne commence réellement qu’à partir des années 1950 aux Etats-Unis ou dans l’esprit de certains, se développe une éducation alternative des chevaux basée sur la coopération. Hélas, ils ne réussirent pas immédiatement à les faire adopter en masse, ce que le concept d’équitation dite « naturelle » réussira plus tard avec les succès commerciaux que l’on connaît. Pourtant, Il suffit de préciser les grands noms régulièrement utilisés par leurs adeptes pour s’en convaincre : Tom et Bill Dorrance, Monty Roberts, John Lyons, Pat Parreli, etc, et même Andréa Fappani, cavalier de reining émérite membre de l’équipe Américaine en FEI.

Education : n,oublions pas les objectifs

Sans renier nos origines, les temps ont changé et monter « western », aujourd’hui, dans un contexte de loisir et de sport, n’a plus le même sens qu’à l’époque des fameux cowboys.

N’oublions pas en revanche ce passé et approprions nous intimement l’objectif de ces travailleurs équestres pour obtenir la même chose : un cheval volontaire en toutes circonstances quelle que soit la tâche.

Dans le fond, il doit pouvoir être monté par n’importe qui, et surtout en toute sécurité. Un partenaire… oui, mais un partenaire fiable. 

Eduquer et monter western est donc un état d’esprit, basé sur une philosophie. Parmi les protagonistes originels, chacun créa son programme et développa ses techniques utiles à son travail.

En y réfléchissant bien, les principes développés dans les savoirs d’équitation éthologique ou naturelle suivent le principe du débourrage western pragmatique d’un cheval ayant pour devenir, le travail, le sport ou le loisir.

En effet, n’oublions pas cela : les exercices proposés ne sont que les moyens mis en œuvre pour aller vers un objectif donné. Ces exercices d’apprentissage ne doivent pas être considérés comme finalité en soi. D’autant plus que réalisés en dehors d’un cadre professionnel, les dommages créés peuvent être importants, « humainement » ou « équinement » parlant.

Ainsi, pour des aspects commerciaux et par rejet d’une image très cliché, mal maitrisée et moins vendeuse aux antipodes de la culture et du « sport » western, le marketing a tranché : L’appellation équitation naturelle est née. Changer de nom, pourquoi pas, si l’on en évite certains écueils.

Les dérives du trop-trop et du dogmatisme : perte d’objectivité. 

Certains en viennent à penser qu’il faudrait supprimer le plus d’équipement équestre possible, afin de paraître encore plus « naturel » quelquefois au détriment de leur propre sécurité (manque de contrôle et de moyens) ou du bien-être de leur cheval (couverture, selles sans arçon, ferrures…).

Arnaud Peroux. Village-Western.