21 février 2019 / Santé

LES PRINCIPALES PATHOLOGIES RESPIRATOIRES

Dossier
Les maladies respiratoires chez le cheval
      Crédit photo @ Equitom

Les pathologies respiratoires du cheval sont fréquemment la cause d’une diminution des performances sportives. Les voies respiratoires jouent un rôle très important chez le cheval. En effet, les cavités nasales, la gorge (pharynx et larynx) et la trachée ont la fonction de chauffer et humidifier l’air qui est inspiré et délivré aux poumons.

Ces structures ont aussi une fonction essentielle pour la défense des voies respiratoires profondes. Elles sont recouvertes d’une muqueuse respiratoire qui contient des cellules très importantes pour la défense immunitaire locale. La muqueuse respiratoire est aussi recouverte par du mucus, et, à certains endroits, comme la trachée, par des cellules surmontées de cils qui ont pour fonction de transporter les bactéries et les particules inspirées en arrière vers la gorge, où elles sont dégluties puis éliminées. Pour finir, les poumons sont le siège des échanges gazeux (absorption d’oxygène et élimination de CO2).

L’arbre respiratoire est fréquemment touché par différentes pathologies aux signes cliniques souvent similaires. Pour cette raison, il est très important d’obtenir un diagnostic le plus précis possible afin d’administrer le bon traitement.

Les signes cliniques

  • toux
  • jetage nasal
  • fièvre
  • augmentation de la fréquence respiratoire (tachypnée)
  • augmentation de l’effort respiratoire (détresse ou dyspnée)
  • augmentation de la taille des ganglions (lymphoadénopathie)
  • dilatation des narines
  • abattement et diminution d’appétit
  • diminution des performances

Les pathologies des voies respiratoires

  • Les pathologies inflammatoires comme l’asthme équin sévère (ou pousse) et l’asthme équin léger ou modéré (« inflammatory airway disease »)
  • Les infections qui peuvent, dans les cas plus graves, évoluer en pneumonie ou pleuropneumonie (quand la plèvre est aussi atteinte)
  • La gourme (ou infection à Streptococcus equi equi)
  • Les infections virales provoquées par l’herpès virus 1 et 4, le virus de l’influenza équine, l’adénovirus et le virus de la rhinite équine
  • L’hémorragie pulmonaire induite par l’exercice
  • La pneumonie interstitielle, fongique, parasitaire et à herpès virus 5 ou « equine multinodular pulmonary fibrosis »

Afin de corréler les signes cliniques à une pathologie spécifique, des examens complémentaires peuvent être réalisés.

Les examens complémentaires

  • Analyse sanguine afin de mettre en évidence la présence d’un phénomène inflammatoire ou infectieux
  • Analyse des gaz contenus dans le sang artériel pour mesurer la concentration d’oxygène et de CO2et avoir ainsi une indication de la fonction pulmonaire
  • Endoscopie des voies respiratoires : l’endoscopie est un examen réalisé avec une caméra qui est glissée en profondeur au niveau de l’arbre respiratoire. C’est un examen peu invasif et qui est généralement bien toléré par le cheval.

L’endoscopie permet de visualiser par exemple la présence d’une inflammation (ex. pharyngite) et objectiver la quantité de mucus présent au niveau des cavités nasales et de la trachée. De plus, une obstruction des voies respiratoires supérieures (ex. paralysie du larynx) peut être décelée, ainsi que la présence des masses ou de saignements. Pendant la réalisation de l’examen, on peut aussi instiller au niveau de la trachée et des bronches une solution stérile (ex. Solution physiologique) qui est ensuite récoltée et examinée à l’aide d’un microscope afin de mettre en évidence la présence de bactéries et cellules inflammatoires. Une culture bactériologique peut aussi être réalisée pour confirmer la présence d’une infection bactérienne.

  • Endoscopie dynamique ou endoscopie embarquée : consiste à réaliser un examen de la gorge (larynx et pharynx) pendant l’effort. Le cheval peut être monté ou travaillé en piste pendant cet examen, ce qui va permettre au vétérinaire de détecter l’éventuelle présence d’anomalies qui peuvent provoquer des bruits respiratoires à l’effort et une diminution des performances sportives.
  • Echographie du thorax : met en évidence des lésions au niveau de la surface pulmonaire ou la présence de liquide collecté au niveau de la plèvre
  • Radiographie du thorax : permet de mettre en évidence des lésions localisées en profondeur au niveau du tissu pulmonaire (par exemple des abcès). (voir photo 1).

Photo 1 @Equitom

Photo 2 @Equitom

Toutes ces procédures sont réalisables au sein d’une clinique équine et, font partie, en fonction des signes cliniques montrés par le cheval et de la pathologie respiratoire soupçonnée, des examens complémentaires réalisés pour obtenir un diagnostic précis.

Description des principales pathologies respiratoires

  • Les infections bactériennes

Les infections des voies respiratoires profondes (pneumonie ou pleuropneumonie) peuvent être provoquées par des bactéries pathogènes ou par des bactéries qui résident habituellement au niveau des voies respiratoires.

Signes cliniques : toux, jetage nasal jaunâtre, augmentation de l’effort ou de la fréquence respiratoire et de la fièvre.

Les jeunes chevaux sont particulièrement prédisposés à contracter ce type d’affections. Mais d’autres conditions (ex. transport, stress, administration de médicaments qui altèrent la fonction immunitaire comme des corticoïdes), peuvent favoriser la présence d’une infection.

Les infections des voies respiratoires peuvent engendrer des conséquences graves, comme la formation d’abcès au niveau pulmonaire et l’accumulation de liquide infecté entre le poumon et la plèvre (pleuropneumonie). Pour cette raison un diagnostic précoce est important.

Traitement : consiste à administrer un traitement antibiotique en fonction des résultats obtenus avec l’analyse du lavage trachéal. Il est important de cibler au maximum le traitement afin de limiter au maximum l’utilisation d’antibiotiques et/ou d’antibiotiques non adaptés et augmenter ainsi l’apparition d’une résistance aux antibiotiques.

En cas d’accumulation sévère de liquide au niveau pleural, la mise en place de drains au niveau du thorax permet d’évacuer le liquide accumulé et de réaliser des lavages et éventuellement instiller des traitements.

Photo 3 @Equitom
  • Pathologies inflammatoires : l’asthme équin sévère (ou pousse) et l’asthme équin léger ou modéré (« inflammatory airway disease » ou IAD) :

Signes cliniques : les animaux atteints présentent de la toux et un effort respiratoire (surtout expiratoire) prononcé.

Cette pathologie est typique du cheval adulte (> 7 ans) et qui est maintenu au box et exposé à un environnement riche en poussières et moisissures (contenues en grande quantité dans le foin et dans la paille).

Les animaux atteints présentent un épaississement et une contraction des muscles au niveau des bronches, et l’accumulation de mucus au niveau de l’arbre respiratoire.

Diagnostic : il est basé sur l’historique (exposition aux conditions environnementales), sur la présence des signes cliniques et de mucus et de cellules inflammatoires détectés lors de l’endoscopie.

Traitement : Il repose surtout sur l’élimination du foin et par le remplacement de la litière en paille par des copeaux de bois dépoussiéres et à laisser le cheval en prairie le plus longtemps possible. Ensuite le traitement se base sur l’administration d’anti-inflammatoires (corticoïdes) et de médicaments qui aident à diminuer la contraction des muscles bronchiques (broncho-dilatateurs). Ces traitements peuvent être administrés par nébulisation ou par injection.

Photo 4 @Equitom

Pour ce qui concerne l’IAD, cette pathologie est plus difficile à déceler, car les chevaux ne montrent pas de signes cliniques évidents hormis la présence d’une diminution des performances. Cette affection est plus souvent rencontrée chez les jeunes chevaux à l’entrainement. Le traitement est similaire à celui pour la forme d’asthme plus sévère.

  •  Les infections virales

Signes cliniques : Les chevaux atteints présentent de la fièvre (avec pics élevés), un jetage nasal qui est généralement sérieux (comme de l’eau), mais qui peut devenir jaunâtre. La gravité des signes cliniques dépendede la souche virale (ex. Présence d’avortement ou cas avec signes neurologiques suite à l’infection à herpès virus 1).

Les affections virales sont hautement transmissibles par contact entre les animaux ou par inhalation des particules suspendues dans l’air. Attendu la propagation rapide des virus entre les animaux, il est important de mettre en place de zones d’isolement dans l’écurie et d’éviter le transport d’animaux qui ont été potentiellement exposés au virus.

Le traitement : il est surtout symptomatique. Il est important de stimuler le cheval à boire et manger et de contrôler les pics de fièvre. Des traitements antiviraux existent mais leur efficacité est encore sujette à controverse. Des vaccins sont disponibles pour certaines pathologies (ex. Influenza et rhino pneumonie).

  • La gourme (ou infection à Streptococcus equi equi)   

Cette pathologie est surtout identifiée chez les jeunes chevaux ou des animaux adultes immunodéprimés.

Signes cliniques : fièvre, jetage nasal jaunâtre et gonflement au niveau des ganglions de la gorge suite à la formation d’un abcès à leur intérieur.

Diagnostic : Les ganglions peuvent drainer vers l’extérieur et les sécrétions peuvent être récoltées et envoyées au laboratoire afin de confirmer cette affection. Les secrétions peuvent aussi être récoltées au niveau des poches gutturales via un examen endoscopique.

La bactérie est très contagieuse et les animaux atteints doivent être gardés en isolement. Une désinfection des brosses et de tout le matériel utilisé pour ces animaux doit être mise en place.

Traitement : consiste surtout à garder sous contrôle la température et, dans le cas des animaux les plus atteints, qui présentent aussi des difficultés pour déglutir et respirer suite au gonflement de la région de la gorge, à administrer un traitement antibiotique (pénicilline).

Photo 5 @Equitom

  • L’hémorragie pulmonaire induite par l’exercice

L’hémorragie induite par l’exercice est la présence de sang au niveau des voies respiratoire suite à un effort. Cette pathologie est rencontrée fréquemment chez les chevaux de course (trotteur et galopeur) ou chez des chevaux qui réalisent des efforts intenses suite à la présence d’une pression extrêmement élevée au niveau des vaisseaux sanguins pulmonaires pendant l’exercice.

Signes cliniques : toux, diminution des performances, sang au niveau du nez (épistaxis) dans une minorité de cas et augmentation de la fréquence et de l’effort respiratoire.

Diagnostic : consiste à visualiser des traces de sang au niveau des voies respiratoires provenant de la trachée ou suite à l’analyse du liquide prélevé au niveau pulmonaire. Une échographie et un examen radiographique peuvent montrer des lésions pulmonaires localisées surtout au niveau de la portion caudo-dorsale du poumon.

Traitement : l’administration de diurétiques (ex. furosémide) permet de diminuer la quantité du saignement. Ce médicament est néanmoins considéré comme dopant son administration est interdite lors des compétitions. Le repos est aussi important afin de favoriser une cicatrisation correcte du poumon.

Photo 6 @Equitom

L’investigation et le traitement de ces pathologies peuvent être réalisés au sein d’une clinique équine.  Si vous désirez d’autres informations, n’hésitez pas à nous contacter par mail à internalmedicine@equitom.be.

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