« Pourquoi ne pas simplement donner un aliment classique à mon cheval de 40 km ? ».
La réponse tient en un mot “métabolisme ». Entre un cheval de CSO qui explose sur un parcours de deux minutes et un cheval d’endurance qui trotte pendant plusieurs heures, la machinerie interne ne sollicite pas les mêmes leviers.
Voici pourquoi la nutrition de votre athlète de distance est une discipline à part entière.
Le Marathonien vs le Sprinteur
Pour comprendre la différence, il faut regarder comment le muscle produit son énergie (l’ATP).
- En CSO et Dressage : L’effort est intense et court, le cheval va utiliser principalement la filière anaérobie (sans oxygène) en brûlant du glucose et du glycogène à toute vitesse pour obtenir une puissance immédiate. C’est une énergie « explosive » mais qui s’épuise vite et produit des déchets comme l’acide lactique.
- En Endurance : L’effort est modéré mais très long, le cheval va utiliser la filière aérobie (avec oxygène) l’objectif n’étant pas l’explosion, mais la régularité il va puiser dans ses graisses, une source d’énergie quasi inépuisable et beaucoup plus « propre », car elle produit très peu de lactate.
Dans une discipline comme le CSO, on recherche souvent des aliments riches en amidon (céréales) pour remplir les stocks de glycogène et offrir du « peps », même si cela est de plus en plus débattu en Nutrition équine.
En endurance, l’amidon doit être géré avec une extrême prudence “Pourquoi ?”:
L’excès d’amidon provoque des pics d’insuline qui bloquent littéralement la capacité du cheval à brûler ses graisses, le forçant à vider son réservoir de glycogène trop vite, menant à une fatigue précoce sur la piste. A contrario, utiliser des lipides (huiles, graines de lin) crée un effet d’épargne, le cheval brûlera du gras tout au long de la boucle et gardera ses précieux sucres pour le sprint final ou les dénivelés.
La fibre : bien plus qu’un simple lest
Pour un cheval de dressage ou de CSO, on cherche souvent à limiter le volume abdominal pour des raisons esthétiques ou de légèreté.
En endurance, le foin est votre meilleur allié.
Les fibres digérées dans le gros intestin ne sont pas seulement une source d’énergie lente (via les acides gras volatils). Elles agissent comme une véritable éponge à eau et à électrolytes. Un cheval d’endurance qui a un bon apport en fibres dispose d’un réservoir d’hydratation interne qu’il peut mobiliser pendant les kilomètres de piste, là où le cheval de CSO, dont l’effort est bref, n’aura pas ce besoin vital de réserve hydrique intestinale.
Micro-nutrition : le défi de la répétition
Si le cheval de CSO sollicite ses articulations sur des impacts verticaux violents, le cheval d’endurance, lui, subit l’agression de la répétition (des milliers de foulées).
- Antioxydants : La consommation massive d’oxygène liée à l’effort prolongé crée un stress oxydatif bien supérieur aux disciplines de saut. La synergie Vitamine E + Vitamine C est donc capitale en endurance pour nettoyer les radicaux libres produits pendant des heures.
- Acides aminés : Pour soutenir les tendons face à cette répétition mécanique, l’apport en L-Glycine et en acides aminés limitants (Lysine, Thréonine) est crucial pour la régénération du collagène.
En résumé
Nourrir un cheval d’endurance c’est choisir la stabilité plutôt que l’explosion.
C’est privilégier les huiles et les fibres de qualité supérieure aux céréales, et sécuriser le métabolisme avec une micro-nutrition ciblée sur la protection cellulaire et la récupération.
En anticipant ses besoins spécifiques, vous offrez à votre cheval non seulement la performance, mais surtout le confort nécessaire pour franchir la ligne d’arrivée avec l’œil brillant et une récupération cardiaque optimale.
Note : Ces conseils d’optimisation nutritionnelle s’inscrivent dans une démarche de bien-être et de performance. Ils ne remplacent en aucun cas un diagnostic vétérinaire en cas de baisse de forme ou de pathologie.
Equina’Bio Nutrition & micro nutrition équine

