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Souvent négligée, l’assurance responsabilité civile (RC) des centres équestres et des écuries dites de propriétaires, est un élément pourtant essentiel lorsqu’un accident intervient ou une réclamation est faite par les clients qu’ils soient élèves ou propriétaires.

Nous nous contenterons ici d’examiner les responsabilités encourues en cas de prise en pension du cheval par un professionnel ou non contre rémunération et les conditions d’assurance.

 

LES RESPONSABILITES POUVANT ETRE ENCOURUES

  • Un contrat de dépôt

En droit, le contrat de pension d’un cheval est un contrat de dépôt, et celui-ci dès lors qu’il inclut le paiement d’une somme d’argent fût-elle un simple remboursement des frais exposés, est considéré comme un contrat de dépôt salarié. Ce contrat de dépôt salarié est régi par les dispositions des articles 1915 et suivants du Code Civil.

Le dépôt est définit comme étant l’acte par lequel « on reçoit la chose d’autrui, à la charge de le garder et de le restituer en nature ».

Le dépôt est considéré comme étant par nature gratuit dans le code civil. Cela impose au dépositaire de rapporter la preuve d’une faute du déposant, lorsque le dépôt est fait contre rémunération. Il appartiendra alors au dépositaire de rapporter la preuve de l’absence de faute de sa part, en cas d’accident sur le cheval.

Les conséquences sont dès lors importantes, notamment en cas d’accident sur des chevaux de valeur. L’assurance responsabilité professionnelle viendra alors utilement prendre le relais de l’indemnisation dans ce cas, mais souvent avec des limitations de garantie.

 

  • Entrainant un transfert de garde,

Par le contrat de pension, la garde du cheval est transférée à l’écurie que le contrat soit gratuit ou contre rémunération.

L’écurie devient dès lors responsable des accidents et détériorations faites par l’animal qu’il a sous sa garde.

Il doit en conséquence assurer ici sa responsabilité civile en cas d’accidents causés par le cheval. Bien que le cheval ne lui appartienne pas, l’écurie est responsable d’un accident de la circulation par exemple si le cheval s’échappe du boxe ou du pré.

 

  • En cas de prestation d’entraînement ou de travail du cheval,

Alors que le cheval en pension est soumis à la règlementation relative au dépôt, dès lors que le cheval est travaillé par l’écurie par un cavalier salarié ou gérant de cette écurie, durant cette période de travail, l’écurie exécute une prestation de service. Cette prestation de service est alors soumise au droit des contrats de prestation des services et dans ce cas, il appartient au client de rapporter la preuve d’une faute de la part de l’écurie dans l’exécution de prestation.

Là encore, l’écurie doit s’assurer pour garantir sa responsabilité civile.

Compte tenu des responsabilités qui pèsent sur les écuries, celles-ci ont tout intérêt à souscrire des contrats d’assurance qui couvrent non seulement la responsabilité pour les dommages causés aux chevaux, mais également pour ceux causés par les chevaux à des tiers, sans oublier leur Responsabilité Civile en qualité de prestataire de service.

 

LES CONTRATS D’ASSURANCE ET LEUR CONTENU

Dans la plupart des cas, les contrats d’assurance des écuries couvrent l’ensemble des responsabilités qu’encourt l’écurie dès lors que celle-ci est en règle avec la règlementation régissant ses activités.

Lorsque le contrat est souscrit, il est indispensable de répertorier avec précision les activités offertes par l’écurie à ses clients propriétaires. Toute nouvelle prestation ou activité devra également être déclarée.

Ces déclarations essentielles ont pour but de permettre à l’assureur d’appréhender les activités exercées afin de remplir son obligation de conseil et de proposer à son client le contrat le mieux adapté.

Les contrats limitent cependant leur garantie notamment pour les dommages causés aux animaux dans le cadre du dépôt.
En effet, les contrats d’assurance, notamment concernant la valeur des chevaux confiés prévoient de limiter leur garantie à une certaine valeur par animal.

Ceci n’a pas pour effet de limiter pour autant les montants que les écuries seraient susceptibles de payer à son client si la valeur du cheval est supérieure à la garantie couverte. Il appartiendra alors à l’écurie de payer la différence si sa responsabilité est engagée.

Afin de contrecarrer ce risque, l’écurie à la possibilité de conclure des clauses dites limitatives de responsabilité. Pour être valables, ces clauses doivent être écrites et signées par chaque client. L’indiquer dans le règlement intérieur uniquement affiché dans les écuries n’est pas suffisant. De la même façon, la clause qui exclut toute responsabilité de la part des écuries n’est pas valable.

Il est dès lors indispensable de prévoir des contrats écrits, de négocier avec son assureur l’ensemble des clauses et garanties et de prévoir le cas échéant la possibilité pour l’écurie d’assurer quelques chevaux à des valeurs supérieures à celles du contrat. Il est éventuellement possible de faire supporter le coût au client. Cette alternative est intéressante lorsque le cheval est confié par un client qui n’a pas pris d’assurance de valeur sur son cheval.

Mon conseil pour ces assurances est de faire appel à un assureur ou à un agent d’assurance qui connaît le milieu et les contrats qui s’y appliquent. En effet, les compagnies ont mis au point des contrats d’assurance adaptés pour garantir les responsabilités des écuries qui peuvent être modulables avec différents coûts. Un professionnel spécialisé dans ce domaine sera le plus à même de conseiller l’écurie. Un contrat de pension devra également être proposé au client pour pouvoir lui opposer sa clause limitative de responsabilité.

En se généralisant, l’équitation se professionnalise et la responsabilité des professionnels est de plus en plus engagée. Un entourage de conseils spécialisés dans ces activités devient dès lors une nécessité.

 

NICOLAS MASSON – CABINET EQUICONSULT

Avocat au barreau de Montauban et de Bordeaux

http://www.equiconsult-avocat.fr