Entre le début de la gestation et les premiers mois de vie du poulain, les besoins alimentaires évoluent beaucoup. Pourtant, une jument pleine n’a pas besoin de « manger pour deux » dès les premières semaines. C’est surtout en fin de gestation, puis pendant la lactation, que sa ration demande une attention particulière.
Dès sa naissance, le poulain dépend d’abord du lait maternel. Mais les choses changent vite au fil des semaines. Il commence progressivement à consommer de l’herbe, du fourrage et des aliments solides, jusqu’à devenir de plus en plus autonome à l’approche du sevrage.
À chaque étape, l’alimentation doit donc évoluer. L’objectif est de couvrir les besoins de la poulinière sans favoriser une prise de poids excessive, tout en accompagnant une croissance régulière du poulain.
L’évolution des besoins pendant la gestation
La gestation de la jument dure environ onze mois, mais les besoins nutritionnels ne sont pas les mêmes tout au long de cette période.
Durant les premiers mois, la croissance du fœtus reste encore limitée. À sept mois de gestation, il a atteint environ seulement 17 % de son poids de naissance. C’est ensuite que les choses s’accélèrent puisque plus de la moitié du poids du poulain à la naissance est acquise au cours des dixième et onzième mois de gestation.
Il n’est donc pas nécessaire d’augmenter la ration de la poulinière dès le début de la gestation. En revanche, à mesure que la date du poulinage approche, les besoins en énergie et en protéines progressent. L’IFCE indique notamment une augmentation d’environ 35 % des besoins énergétiques et de 80 à 85 % des besoins en protéines au cours de la seconde moitié de la gestation.
Mais il ne faut pas se limiter à la quantité de protéines. Leur qualité compte aussi et une attention particulière doit être portée à certains acides aminés indispensables comme la lysine. Les besoins en calcium et en phosphore augmentent également avec le développement du squelette du fœtus.
Les fibres apportées principalement par les fibres reste la base de l’alimentation du cheval et la poulinière ne fait pas exception. Sa qualité a cependant une véritable importance. Un foin pauvre ne couvre pas les besoins de la même façon qu’un fourrage de bonne qualité, d’où l’intérêt de connaître sa valeur nutritionnelle en le faisant analyser lorsque cela est possible.
L’état corporel de la jument reste également un bon repère. Elle ne doit arriver au poulinage ni trop maigre, ni en surpoids.

Pourquoi la lactation demande-t-elle autant d’énergie ?
Une fois le poulain né, les besoins de la jument ne retombent pas immédiatement. C’est même l’inverse.
La production de lait représente une dépense importante. Les besoins alimentaires de la poulinière sont à leur maximum pendant les trois premiers mois de lactation. Les besoins en protéines augmentent, tout comme ceux en acides aminés indispensables, en calcium, en phosphore, en vitamines et en oligo-éléments.
Une ration insuffisante peut alors entraîner une perte d’état chez la jument et avoir des répercussions sur sa production de lait. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il existe une ration type valable pour toutes les poulinières.
Une jument qui pouline au printemps et dispose d’une herbe abondante et de qualité ne se trouve pas dans la même situation qu’une jument nourrie principalement au foin. Son poids, son état corporel, la qualité du fourrage et son niveau de production de lait sont autant d’éléments à prendre en compte.
C’est donc toute la ration qui doit être adaptée, et pas uniquement la quantité d’aliment concentré distribuée.
Les premiers mois d’alimentation du poulain
Durant ses premières semaines, le lait maternel couvre l’essentiel des besoins du poulain. Il ne se nourrit pourtant pas exclusivement de lait. Dès l’âge d’environ 8 jours, il commence à consommer de très petites quantités d’aliments solides. Sa croissance est particulièrement rapide. Entre sa naissance et ses trois mois, le gain moyen quotidien d’un poulain de selle peut se situer autour de 900 à 1 100 g. Vers six mois, il peut déjà atteindre 40 à 50 % de son futur poids adulte.
Au fil des semaines, le poulain passe davantage de temps à pâturer et s’intéresse au fourrage ainsi qu’aux aliments consommés par sa mère. Cette évolution est normale car la production laitière de sa mère diminue progressivement et ne suffit plus à couvrir l’ensemble de ses besoins.
La qualité de son alimentation prend alors de plus en plus d’importance. Le jeune cheval a notamment besoin de protéines qui apportent suffisamment d’acides aminés indispensables. La lysine occupe une place particulière pendant la croissance. Les minéraux et les oligo-éléments doivent eux aussi être apportés dans de bonnes proportions.
Pour autant, mieux nourrir ne signifie pas chercher à faire grandir le poulain plus vite. L’objectif reste une croissance régulière, avec une ration adaptée à son âge, à son poids, à la qualité du fourrage et à son développement.
Préparer progressivement le poulain au sevrage
Le sevrage ne devrait pas être le moment où le poulain découvre une nouvelle alimentation. La séparation avec sa mère représente déjà un changement important dans sa vie et peut être source de stress. Il est préférable de l’avoir habitué auparavant à consommer seul un aliment adapté.
Cette transition commence alors qu’il est encore sous la mère. Au fil des mois, la production laitière de la jument diminue tandis que les besoins nutritionnels du poulain restent élevés. Le lait maternel est progressivement complété par l’herbe, le fourrage et, si nécessaire, un aliment destiné à la croissance. Introduit en petites quantités puis augmenté progressivement, celui-ci permet au jeune cheval de s’y habituer avant la séparation.
Au moment du sevrage, conserver un aliment qu’il connaît déjà permet d’éviter un changement brutal de ration. Son système digestif y est habitué et le poulain conserve également un repère alimentaire dans une période où beaucoup de choses changent autour de lui.
Après le sevrage, les quantités pourront ensuite être adaptées à son âge, à son poids, à sa croissance et à la qualité du fourrage dont il dispose.
Havens Ferto-LAC 3 pour accompagner la poulinière
C’est justement pour répondre aux besoins très spécifiques de la reproduction que HAVENS a développé l’aliment Ferto-LAC 3 destiné aux juments gestantes et allaitantes.
Sa formulation apporte 14 % de protéines de qualité, issues de différentes sources protéiques. Un point important, car la valeur d’une protéine ne dépend pas uniquement de sa quantité, mais aussi de son profil en acides aminés essentiels et de leur disponibilité pour l’organisme. HAVENS porte donc une attention particulière à cet équilibre, notamment avec la lysine et la méthionine, deux acides aminés que le cheval doit trouver dans son alimentation et qui participent à la synthèse des protéines et au développement des tissus.
Sa composition apporte également du calcium, du phosphore et différents oligo-éléments comme le cuivre, le zinc et le manganèse.
La formule contient également des matières grasses et un complexe minéral spécifiquement pensé pour cette période.
L’intérêt de Ferto-LAC 3 est aussi de pouvoir suivre l’évolution des besoins de la jument. Les quantités recommandées par HAVENS augmentent progressivement à l’approche du poulinage et restent plus importantes durant les premiers mois de lactation, lorsque les besoins de la poulinière sont les plus élevés.
Comme pour tout aliment complémentaire, les quantités distribuées restent à adapter au poids et à l’état de la jument, mais aussi au fourrage et à l’herbe dont elle dispose.
Havens Opti-GROW pour accompagner la croissance
Du côté du poulain, HAVENS propose Opti-GROW, un aliment lacté premier âge spécifiquement formulé pour les jeunes chevaux en croissance. Il peut être introduit dès les premières semaines de vie, alors que le poulain est encore sous la mère, et l’accompagner ensuite jusqu’à l’âge de 12 à 18 mois.
Présenté sous forme de petits granulés de 5 mm, il apporte 16,3 % de protéines et notamment de la lysine. Sa formulation contient également des protéines issues du lait, ainsi qu’un apport en minéraux et oligo-éléments adapté à cette période de développement.
Opti-GROW peut être introduit alors que le poulain tète encore sa mère. Le jeune cheval apprend ainsi progressivement à consommer son propre aliment avant le sevrage. Lorsque la séparation arrive, il conserve une alimentation qu’il connaît déjà.
Opti-GROW peut également être utilisé dans des situations particulières. HAVENS l’a notamment utilisé pour nourrir des poulains orphelins dès l’âge de 6 semaines, avec de très bons résultats.
Après le sevrage, les quantités évoluent progressivement avec l’âge, le poids et les besoins du jeune cheval. Le fourrage reste là encore indispensable. L’aliment vient compléter une ration dont il constitue l’une des composantes, mais il ne remplace ni le foin ni le pâturage.
Les questions qui reviennent régulièrement
Faut-il augmenter la ration dès le début de la gestation ?
Pas systématiquement. Pendant les premiers mois, les besoins supplémentaires liés à la gestation restent modérés. Ils augmentent surtout pendant la seconde moitié de la gestation et deviennent particulièrement importants au cours des derniers mois, lorsque la croissance du fœtus s’accélère.
À partir de quand le poulain peut-il manger autre chose que du lait ?
Le poulain commence très tôt à s’intéresser à l’alimentation solide. Dès l’âge d’environ 8 jours, il peut commencer à en consommer de très petites quantités, en goûtant notamment l’herbe, le fourrage ou les aliments auxquels il a accès. Le lait maternel reste néanmoins son alimentation principale durant les premières semaines, puis l’alimentation solide prend progressivement plus de place.
Pourquoi donner un aliment au poulain avant le sevrage ?
Cela permet de l’habituer progressivement à consommer seul un aliment adapté à ses besoins. Au moment de la séparation, il connaît déjà cet aliment et sait le consommer. On évite ainsi de cumuler brutalement changement social et changement alimentaire.
Une alimentation riche en protéines fait-elle grandir le poulain trop vite ?
C’est plus complexe que cela. Il ne faut pas confondre quantité et qualité des protéines. Le poulain a besoin de protéines de bonne qualité et d’acides aminés indispensables pour sa croissance. C’est l’équilibre global de la ration, notamment entre énergie, protéines et minéraux, qui doit être raisonné.
Jusqu’à quel âge peut-on donner Opti-GROW ?
HAVENS recommande Opti-GROW pour les poulains et jeunes chevaux en croissance jusqu’à l’âge de 12 à 18 mois. Les quantités distribuées doivent évoluer avec l’âge et le développement du jeune cheval.
Pourquoi la qualité de l’alimentation compte autant
Choisir un aliment de haute qualité est particulièrement important pendant la gestation, la lactation et les premiers mois de croissance du poulain. Chez la poulinière, la ration doit couvrir ses propres besoins tout en accompagnant le développement du fœtus, puis la production de lait après le poulinage. Chez le poulain, les premiers mois sont marqués par une croissance rapide qui demande des apports nutritionnels adaptés et bien équilibrés.
La qualité d’un aliment ne se résume pas à son taux de protéines ou à sa valeur énergétique. Le choix des matières premières, la qualité des protéines et leur profil en acides aminés essentiels, mais aussi l’équilibre entre vitamines, minéraux et oligo-éléments ont toute leur importance. Des apports mal équilibrés, insuffisants ou au contraire excessifs ne sont pas recommandés pendant ces périodes où les besoins sont particulièrement spécifiques.
C’est sur cette exigence que s’appuie HAVENS pour élaborer ses aliments destinés à l’élevage. Avec Ferto-LAC 3 et Opti-GROW. HAVENS met son expertise en nutrition équine au service de la poulinière et de son poulain, avec des formules élaborées pour répondre aux besoins propres à chaque étape, de la gestation aux premiers mois de croissance.
Parce qu’un poulain commence à se construire bien avant sa naissance, nourrir correctement sa mère puis l’accompagner tout au long de sa croissance, c’est préparer le cheval qu’il deviendra demain.

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Crédits photos @Havens @Canva



