26 octobre 2021 - Santé

LA FOURBURE DU CHEVAL

Publi-rédaction
La fourbure du cheval

La fourbure est une maladie fréquente chez les chevaux, 2% des équidés en seraient touchés chaque année et elle est la deuxième cause de mortalité après la collique. 

Elle n’est pas une maladie du pied, mais une manifestation locale (au niveau du pied) d’un désordre général grave. Cette pathologie affecte le métabolisme systémique (dans son ensemble) et plus particulièrement les systèmes cardio-vasculaires, rénaux et hormonaux. La fourbure affecte aussi la coagulation sanguine et l’équilibre acido-basique dans l’organisme.

Au niveau du pied, on détecte une inflammation des feuillets du pied. C’est une maladie du système vasculaire périphérique provoquant une baisse de la perfusion vasculaire dans le pied. Cette baisse de la vascularisation provoque une nécrose ischémique (suite à l’interruption de l’irrigation sanguine) et des dérivations artério-veineuses.

Les symptômes :

Le cheval ressent une douleur intense, parfois des quatre pieds (dans ce cas, il reste couché) mais le plus souvent uniquement des antérieurs qui supportent 60% du poids de l’animal. Il reporte alors tout son poids sur l’arrière main et sur les talons des antérieurs. En cas de fourbure des quatre pieds, le cheval sera couché ou « sur les pointes ».

La fourbure du cheval

On note aussi une augmentation de la température (39°), une transpiration excessive et une accélération du pouls (80 à 120 battements/minute), les yeux sont congestionnés.

Une traction du tendon perforant peut provoquer un basculement de la 3ème phalange caractéristique (parfois en moins de 3 jours) avec bombement de la sole. Un œdème peut apparaître au niveau du canon.

La fourbure du cheval
Ci-dessus, une radiographie d’une jument fourbue : les parois dorsales du sabot et de la phalange distale ne sont plus parallèle. La 3ème phalange bascule vers le bas et commence à percer la sole. Dans les cas les plus grave, le cheval peut perdre le sabot.

La mort peut survenir du simple fait de la douleur (choc) ou de troubles généraux tels que coliques et septicémie.

Les causes :

Les causes de fourbure peuvent être multiples, mais au niveau du pied il s’agit de la séparation entre les structures internes du pied et la paroi du sabot. Ce désengrènement entre les chairs (Podophylle) et le sabot (Kéraphylle) peut avoir plusieurs causes (toxique, mécanique ou vasculaire) à savoir : 

• Alimentation excessive en grain ou en herbe trop riche en azote et/ou en fructane au printemps et en fin d’été (fourbure de surcharge).

• Absorption rapide d’eau très froide quand le cheval a très chaud (choc thermique).

• Surmenage ou travail sur un sol trop dur (fourbure de route) principalement en été et/ou chez les chevaux d’endurance.

• Station prolongée sur un pied (fourbure de contrainte).

• Infection généralisée de l’organisme, souvent bactérienne, ou simplement maladies pulmonaires ou digestives (fourbure toxique).

• Médication à trop fortes doses d’anti-inflammatoires stéroïdiens (AINS) (corticoïdes) ou phénylbutazone (fourbure iatrogène).

• Rétention placentaire chez la poulinière lors d’un problème au poulinage (fourbure de parturition) avec infection utérine et risque de septicémie.

• Maladies endocriniennes de type Syndrome Métabolique Équin ou Cushing qui favorise l’apparition d’une fourbure.

Évolution de la fourbure :

Il existe deux phases évolutives de la fourbure. Une phase aiguë débutant dès les premiers symptômes de la maladie (douleurs, transpiration, position caractéristique, …). Une phase chronique après le basculement de la 3ème phalange ou après 48 heures de boiterie. Cette phase chronique peut rester à vie (habituellement que quelques semaines) et est caractérisée par des boiteries intermittentes ou continues. Ce phénomène intervient après la séparation entre les structures interne du pied et la paroi du sabot, dès que le tendon perforant vient tirer sur la 3ème phalange et que celle-ci, n’étant plus maintenue, bascule avec un degré plus ou moins important. A ce stade, une rotation avec un angle inférieur à 5,5% laisse un espoir de rémission alors qu’une rotation supérieure à 11,5% semble compromettre un retour à une carrière sportive.

Traitement :

Évidemment une fourbure est une urgence vétérinaire. Il faut l’appeler dès les premiers signes de la pathologie (le cheval se déplace avec peine, à l’arrêt il se porte d’un pied à l’autre, …). En attendant le vétérinaire, mettre le cheval à la diète complète et le retirer de la pâture. Il est possible de doucher les pieds du cheval avec une pluie fine d’eau tempérée pour le soulager de ses douleurs. Éviter de doucher avec de l’eau froide ou chaude (risque d’aggravation par constriction et /ou dilatation des vaisseaux du pied). Il convient néanmoins de lui laisser de l’eau à disposition et d’éviter de le forcer à marcher. Au box, préparez une litière épaisse et confortable afin d’éviter le contact des pieds avec un sol dur.

A son arrivée, le vétérinaire examine la posture du cheval et de ses membres. En général, les symptômes sont suffisamment nets pour poser un diagnostic. Néanmoins, le vétérinaire pourra réaliser des clichés radiographiques afin de visualiser le parallélisme entre la face dorsale de la phalange et la face dorsale du sabot.

Par contre, seul le vétérinaire pourra dire s’il est nécessaire de pratiquer une vidange du contenu intestinal et si un arrêt de la délivrance de médicaments est nécessaire. Il pourra être amené à prescrire des antalgiques contre les douleurs, des anti-inflammatoires (anticoagulants et vaso-dilatateurs) et des tranquillisants (action hypotensive) en fonction de la cause de la fourbure. Un traitement en cryothérapie peut s’avérer utile pour ralentir le désengrènement.

La phytothérapie peut venir compléter utilement le traitement vétérinaire en aidant à détoxifier l’organisme, ceci aussi bien en cas de crise qu’en prévention, car un sujet ayant déclaré une fourbure sera toujours un sujet « à risque ». Vous trouverez une préparation adaptée à cette situation chez AJC Nature avec la préparation P08 – FOURBURECUSHINGSME. Celle-ci pourra être complétée avec P117 – REINE DES PRES BIO qui aidera à atténuer les douleurs et à fluidifier le sang.

AJC Nature

Un maréchal-Ferrant pourra être appelé afin de pratiquer une saignée au niveau du pied et libérer les liquides inflammatoires (perforation de la muraille en pince) ou simplement « raboter » en pince la boite cornée afin de soulager la pression interne en décomprimant les tissus mous. 

Celui-ci pourra aussi déferrer le cheval avec un parage régulier et adapté, alléger la ferrure ou poser une ferrure spéciale pour surélever les talons et soulager la pince (avec un système de cale) et aider à éviter la bascule. Les hipposandales thérapeutiques sont également prescrites afin de soulager les pieds du cheval fourbu. 

Il n’y a cependant pas de science exacte. Il convient d’adapter les traitements en fonction du cheval et de son évolution. L’évolution des traitements mis en place et leur réajustement ne peuvent être efficace qu’à l’aide d’un suivi radiologique régulier. 

Prévention :

Les principaux facteurs de risque maitrisables directement par le propriétaire du cheval sont le surpoids, l’inactivité alors que l’alimentation est riche, les transitions alimentaires brutales et de manière générale tout ce qui conduit à une mauvaise digestion.

AJC Nature

Hervé HOFER

03 88 07 08 78