19 mars 2019 / Santé

La vermifugation du cheval au printemps

Dossier
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Quelle est la problématique de printemps par rapport au problème parasitaire ? Lutter contre les petits strongles en sortie d’hypobiose* : éviter la contamination des pâtures et traiter les animaux.

Les parasites digestifs des chevaux sont nombreux et appartiennent à des groupes très différents : la plupart sont des vers ronds comme les strongles, les ascaris et les oxyures. Les équidés sont également parasités par des vers plats, les ténias et des mouches, les gastérophiles. L’importance de ces parasites dépend de leur fréquence et de leur dangerosité. Le printemps est une période particulièrement à risque d’un point de vue parasitaire !

Du fait de la raréfaction des grands strongles, ce sont les petits strongles encore appelés cyathostomes qui sont maintenant identifiés comme les parasites digestifs les plus dangereux.  La population parasitaire des pâturages et des coproscopies est aujourd’hui presque exclusivement constituée de cyathostomes, qui sont devenus la menace première pour la filière équine en matière de parasitisme (1). En France, lors d’une étude en Normandie, des larves de petits strongles ont été retrouvées chez 93% des chevaux, et les cyathostomes adultes chez 76% des chevaux (2).

Focus sur les petits strongles au printemps !

Les adultes, présents dans le gros intestin et le cæcum, se nourrissent du contenu du tube digestif. Les adultes vivent fixés sur la muqueuse intestinale du gros intestin grace à une capsule buccale. Ils mesurent de 5 à 7 centimètres de long. Leur action mécanique et irritante se manifeste surtout en cas d’infestation massive.

Les larves sont présentes dans l’épaisseur de la muqueuse digestive où elles se nourrissent de sang. Le cycle des petits strongles est caractérisé par le phénomène d’hypobiose ou de mise en sommeil avant l’hiver : c’est une stratégie de survie qui conduit ces parasites à interrompre leur développement à l’état larvaire dans le gros intestin du cheval. L’entrée en sommeil est généralement provoquée par une chute de la température extérieure qui signale l’arrivée de l’hiver. Leur émergence simultanée (leur réveil) en grande quantité se produit en fin d’hiver / début du printemps, les larves rejoignent alors l’intérieur du tube digestif. Cela provoque de multiples traumatismes responsables de fortes diarrhées ou d’un amaigrissement marqué : c’est la trichonémose ou cyathostomose larvaire.

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*Point clef et particularité : l’hypobiose ! Les larves peuvent s’enkyster dans la paroi intestinale et avoir une vie très ralentie « en sommeil », en attendant des conditions favorables pour reprendre leur développement.

Au printemps, l’infestation d’une parcelle par les cyathostomes résulte essentiellement de la reprise du développement en fin d’hiver de larves en hypobiose chez les chevaux. Les adultes qui en sont issus sont à l’origine des œufs déposés sur le pâturage au printemps et en été. De nouvelles larves infestantes naissent et, à leur sortie des crottins, infestent les chevaux présents. On peut avoir, si les conditions sont optimales, une génération de parasites toutes les six semaines ! En l’absence de traitements, les coproscopies réalisées en laboratoire à partir de crottins de chevaux, peuvent révéler des excrétions très importantes : plusieurs milliers d’œufs de strongles par gramme de crottin ! (3)

Pour limiter la contamination des pâtures, la stratégie la plus efficace consiste à éliminer les vers avant qu’ils aient acquis leur maturité et leur capacité de ponte. Des traitements avec des vermifuges larvicides sont donc programmés au moment où les charges larvaires sont maximales, notamment en fin d’hiver/début de printemps (4). Demandez conseil à votre vétérinaire pour le choix le plus adapté du vermifuge de printemps !

Point clef : les conditions de température et d’humidité nécessaires au développement des larves sont les mêmes que celles qui permettent une bonne pousse de l’herbe et qui sont propices au pâturage : temps humide et doux de 25 à 30°C, optimum à 80% d’humidité. Des conditions météorologiques propices peuvent transformer en quelques jours une pâture infestée en pâture dangereuse.

Notre minute santé : https://www.dailymotion.com/video/x6yf3iv

Boehringer Ingelheim

À propos de la division santé animale de Boehringer Ingelheim
Deuxième acteur mondial de son secteur, Boehringer Ingelheim s’engage à améliorer le bien-être des animaux grâce à sa gamme de produits et services innovants, axés sur la prévention. Avec un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros et 10 000 employés dans le monde, la division santé animale de Boehringer Ingelheim est présente sur plus de 150 marchés.

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  1. HERD, R. P. (1990): The changing world of worms: the rise of cyathostomes and the decline of Strongylus Vulgaris. The Compendium of continuing education, 12, 5, 732-736.
  2. COLLOBERT-LAUGIER C1, HOSTE H, SEVIN C, DORCHIES P. (2002) : Prevalence, abundance and site distribution of equine small strongyles in Normandy, France. Vet Parasitol ; 110(1-2):77-83
  3. CAMUSET P : Gestion pratique de la vermifugation des équidés en clientèle vétérinaire. Recueil des conférences des Journées nationales GTV- Nantes 2015, 571- 577
  4. LAUGIER C, SALLE G :la résistance aux anthelminthiqueschez les nématodes des équidés Acad. Vét. France — 2015 – Tome 168 – N°4: 303 313

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