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Dans le précédent numéro de CHEVAL-PARTENAIRE, nous avons évoqué les pathologies bucco-dentaires chez les équidés.

Cette fois, nous vous proposons de continuer notre approche de la physiologie dentaire du cheval et des soins qui lui sont apporté, en traitant des répercussions que ces anomalies et pathologies bucco-dentaires peuvent avoir sur lui, notamment lors des séances de travail.

On distingue deux sortes de répercussions à ces anomalies bucco-dentaires:

• celles qui sont directement en lien avec la main du cavalier via les rênes et le mors ;

• celles, liées à la physiologie même de l’animal, qui vont se traduire de façon plus insidieuse et donc moins percep-tibles pour l’humain.

Arrêtons-nous aujourd’hui sur les répercussions en lien avec la présence du mors dans la bouche du cheval.

Les incidences des pathologies sur le fonctionnement de l’appareil locomoteur de l’animal ont deux origines : douloureuse et mécanique.

Nous plaçons le mors dans la bouche du cheval de manière à ce qu’il soit juste devant les premières dents que nous sentons, soit les 2èmes prémolaires. En plus des 2èmes prémolaires, d’autres dents peuvent gêner le contact avec le mors du cheval comme les dents surnuméraires appelées « dents de loup » ou « dents de cochon ». Si ces dents surnuméraires sont encore présentes dans la bouche du cheval, le contact avec le mors se révélera douloureux pour lui du fait de l’action importante du bras de levier sur ces dents.

Il est important de comprendre que chaque dent est logée dans une alvéole et fixée à l’os par un ligament. Que ce ligament contient des récepteurs sensoriels (nocicepteurs) qui peuvent-être responsables de la douleur lorsqu’ilsont sollicités.  C’est le cas lorsque le cheval a encore ses dents de loup qui sont plus petite que les autres. Il essayera de fuir ce contact pour soulager sa douleur.

Cela se traduit par un cheval qui s’encapuchonne et fuit la main en levant fortement la tête ou qui arrache les rênes.

Si une dent de loup est encore présente, il sera rajouté à ces réactions une difficulté pour tourner du côté opposé de la dent.

Quand le mors prend contact avec les 2èmes prémolaires, s’il existe des pathologies (caries, dent dominante, fracture, etc) qui atteignent ces dents, le contact avec le mors va également être faussé.

Dans le cas des 2èmes prémolaires dites « dominantes » (trop hautes), elle générent chez le cheval un défaut de ressenti lorsque le cavalier a une action de la main. Ceci s’explique par la présence de récepteurs sensoriels sensibles aux stimulations créées par les mouvements du corps (les propriocepteurs) dans le ligament alvéolo-dentaire. Ces propriocepteurs n’auront pas la même sensibilité que si les prémolaires avaient une hauteur normale.

Les répercussions seront moins aigües et moins vives que dans le cadre de dents surnuméraires (« dents de loup » ou « dents de cochon »), elles auront un aspect plus mécanique.

Les différentes pathologies bucco-dentaires engendrent des réactions différentes de l’animal vis-à-vis du mors.

Notons que les réactions d’origine douloureuse sont plus aigües et plus violentes que les réactions d’origine mécanique quant-à elles plus insidieuses.

Toujours est-il, qu’elles ont des conséquences directes sur le rapport entre le cheval et son cavalier lors de leurs séances de travail ensemble.

Au final, ce sont donc la santé de l’animal mais aussi la relation entre le cheval et son humain qui seront mises à mal.

Léa PLOUVIER 

Practicien Dentaire Équin

06 50 08 07 40