Recherche
MÉDIA PRESSE ET DIGITAL DU MONDE ÉQUESTRE

Précédemment, nous avons abordé les principales pathologies et anomalies bucco-dentaires. On distingue différents problèmes qui ont une incidence importante sur la santé de nos chevaux mais aussi sur leur travail physique.

Catégorisons ces affections en 2 aspects.

On retrouve chez les chevaux les pathologies bucco-dentaires qui engendrent de la douleur. Et les pathologies qui ne sont pas à l’origine d’un phénomène de douleur mais qui vont gêner le mouvement masticatoire du cheval de par leur aspect mécanique.

Ces différents aspects vont gêner l’amplitude du mouvement masticatoire. 

La réduction du mouvement lemniscate (mouvement masticatoire) aura des répercussions sur la sphère buccale entrainant des problèmes bucco-dentaires plus importantes. Cette réduction aura  elle même des conséquences sur l’appareil digestif de l’animal provoquant des coliques ou des défauts de nutrition (mauvaise assimilation, etc).

Moins connu mais tout aussi important, l’appareil locomoteur peut être touché par des problèmes bucco-dentaires provoquant des inconvénients dans le travail du cheval. Nous pourrons aborder ces thèmes dans un prochain article.

D’après des études menées par la British Equine Veterinary Association, 10% de leur travail consistait en des soins dentaires. Plus récemment, aux Etats-Unis, une étude a montré que la dentisterie équine était le 3ème problème médical le plus fréquemment rencontré chez les équidés.

Sur 355 chevaux étudiés par la WAFA [National University of Irland, Faculty of Vetenary Medicine] 

12.6% présentaient des problèmes de développement et d’éruptions dentaires

 16.7 % de problèmes d’usure 

 34.9% de problèmes de périodontie (ensemble de supports de la dent comme les gencives, les ligaments, etc.)

 29.3% avaient des caries

 6.5 % souffraient de problèmes d’exposition de chambre pulpaire  (cavité centrale de la dent  avec les nerfs, les vaisseaux, etc.)

leaplouvier

Les pathologies bucco-dentaires d’aspect mécanique

Ces problèmes dentaires existent lorsque le mouvement masticatoire est réduit à cause de la présence d’un « contact prématuré ». Un contact prématuré est représenté par la non homogénéité de la sphère buccale.

Par exemple, une dent peut être plus longue que les autres et ainsi les surfaces occlusales (dessus de la dent) ne glissent pas les unes sur les autres de manière optimale. Les dents « percutent» systématiquement sur cette dent trop longue appelée « dominance ».

Qu’est ce qu’une dominance?

Une dominance se créé par une non usure avec la dent antagoniste (dent opposée). Sans ce contact, celle-ci ne s’use plus, continue de pousser et devient plus longue que les autres.

Une dominance peut se créer suite à une oligodontie de la dent antagoniste (perte d’une dent).

Une dominance va réduire le mouvement lemniscate dans ces déplacements d’avant en arrière (mouvements de propulsion et rétropulsion) de la mâchoire inférieure.

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de décalage-antéro-postérieur maxillaire ou mandibulaire (DAP) ?

Le principe est le même que pour une dominance, les DAP gênent les mouvements de propulsion et de rétropulsion de la mâchoire inférieure.

C’est un phénomène qui implique que les dents, soit de l’os maxillaire (mâchoire supérieure), soit de l’os mandibulaire (mâchoire inférieure) sont implantées légèrement en biais dans l’os et non de manière perpendiculaire à celui-ci. La conséquence étant que les 1ères et dernières dents ne vont pas être totalement en contact. Ceci induit une pousse plus importante sur la partie de la dent qui n’est en contact avec aucune autre.

Les pathologies bucco-dentaires douloureuses

Il existe également des problèmes bucco-dentaires qui vont restreindre le mouvement masticatoire car ils sont à l’origine d’un phénomène de douleur.

Le cheval ressentant de la douleur lors de la mastication va de lui-même éviter certains mouvements pour se protéger de la douleur.

Prenez l’exemple de la carie. Mécaniquement, une carie ne gênera pas le mouvement masticatoire. Une dent cariée ne sera ni trop longue ni déviée, elle fera simplement mal. De ce fait, l’animal évitera tout contact lors de la mastication avec la dent cariée.

La carie chez le cheval, parlons-en.

La question que l’on entend souvent est:

« est-ce que donner des sucres à notre cheval peut provoquer des caries ? »

La carie est une maladie des tissus durs de la dent déclenchée par des micro-organismes qui vont provoquer sa décalcification. Chez l’équidé, c’est la stagnation d’aliments ou de particules alimentaires qui vont fermenter, créer de l’acidité et détruire les tissus durs de la dent qui est, principalement, à l’origine d’une carie.

La stagnation des aliments peut être due à des surdents (quand le cheval protège sa joue en mettant des aliments entre ses dents et celle-ci), à un diastème (espace entre 2 dents), au niveau des infundibulums (petites cavités peu profondes sur les dents).

Il existe d’autres pathologies buco-dentaires douloureuses notamment les parodontites, affections touchant le parodonte (ensemble des tissus de soutien de la dent).

Ces affections peuvent toucher la gencive, le ligament alvéolo-dentaire (ligament qui maintient la dent dans l’os) ainsi que l’os lui-même. Ces affections sont très douloureuses et entrainent elles-mêmes des problèmes plus importants si elles ne sont pas prises à temps.

La liste des différentes pathologies bucco-dentaires chez l’équidé est longue!

ll suffit de retenir qu’elles sont nombreuses mais que les plus fréquentes sont les surdents. Et que chaque problème bucco-dentaire peut avoir des répercussions importantes sur tout le corps de l’animal.

L’acte préventif est donc le plus efficace pour préserver la santé de votre animal.

Léa PLOUVIER 

Technicien Dentaire Équin

06 50 08 07 40