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Une vie émotionnelle riche et complexe

Tout comme nous, les chevaux ont une vie émotionnelle riche et complexe: mesurons-nous en suffisamment l’ampleur, la densité et la richesse?

Chaque jour, à chaque instant, le monde animal crie sa douleur ; des hennissements de panique et de solitude déchirent le silence d’une prairie ; des poulains sont subitement sevrés et arrachés à leur mère pour les besoins du commerce ; des chevaux dépérissent d’ennui dans l’enceinte de manèges et écuries tandis que d’autres sont envoyés à l’abattoir car jugés trop vieux, inaptes au travail ou présentant un comportement jugé « indésirable».

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Soucis de santé liés au déni des besoins essentiels du cheval?

La méconnaissance des besoins physiques et psychiques propres à l’espèce équine entraîne bien évidemment le déni de ses émotions. En témoigne le nombre de problèmes de santé dont la cause reste inconnue ; qui n’a pas été confronté un jour à la prise d’angoisse que peut susciter la présence de coliques chez son cheval ?

En témoigne aussi le nombre de problèmes de comportements, relationnels et le recours sans cesse croissant à des « spécialistes du comportement ». Beaucoup de problèmes de santé chez le cheval sont engendrés par une souffrance émotionnelle qui n’a pu être identifiée. Le poids des émotions reste largement sous-estimé. Quelle en est la raison ? La question est très large. Est-ce – en partie – parce que les émotions sont à priori peu voire pas visibles et que dans notre culture occidentale, nous n’avons pas appris à être en contact avec nos émotions ? Dès lors, si nous ne sommes pas en contact avec nos propres émotions, comment serions-nous à même de ressentir celles de notre cheval ?

Les émotions, essentielles à la vie

Mon travail auprès des chevaux me montre non seulement que les émotions sont essentielles à la vie et au bien-être du cheval car elles participent à son équilibre global mais que les émotions refoulées, càd des émotions que le cheval n’a pas pu exprimer, ont une incidence parfois considérable sur sa santé et son bien-être. L’émotion représente en quelque sorte la partie cachée de l’iceberg, la partie visible chez le cheval pouvant être associée à son état de santé ou à son attitude et expression générale.

Qu’est-ce qu’une émotion?

Le mot émotion vient du latin « motio » et signifie « action de mouvoir, mouvement ». Trait d’union entre le corps et l’esprit, l’émotion est une réaction psychologique et physique à une situation.

D’un point de vue général, les émotions apportent une information. Elles permettent aux chevaux de communiquer leurs intentions, dispositions et de lire celles des autres. Elles jouent un rôle dans la formation de relations stables dans le troupeau et leur permettent de définir leur place. Elles expriment aussi un besoin comme la peur permet d’éviter le danger et de se mettre à l’abri. Le cheval a donc véritablement besoin de ses émotions : elles sont vitales pour lui, elles font partie de son équilibre tant physique que psychique.

Quand elles circulent bien, les chevaux sont en pleine vitalité et, pas de doute, cela se voit !

Joie ou ennui?

C’est une vue réductrice que d’aborder un cheval sur l’angle physique, morphologique ou en fonction de ses prestations et performances. On oublie que les émotions sont un véritable moteur de vie. En lien avec les cinq sens du cheval, les émotions peuvent soit stimuler soit freiner l’énergie vitale du cheval. L’émotion a une charge énergétique importante et en fonction des événements que le cheval vit, elle peut déclencher de la joie, de la stimulation, de l’enthousiasme… ou de la colère, de la tristesse, de la morosité, de l’ennui… bref toute une gamme d’émotion que nous pourrions qualifier d’inconfortables. D’ailleurs à ce sujet, nos impatiences, nos colères ou manque de contrôle ou tout simplement nos tensions personnelles sont parfois très lourdes à supporter pour le cheval, en partie parce qu’il ne peut pas s’y soustraire. Mais le cheval a aussi sa propre vie affective liée à son passé, à son histoire, à son environnement, à sa situation actuelle, à sa relation avec son propriétaire et mille autre choses encore. Quelques exemples.

L’abandon

La séparation peut être vécue comme un abandon. Tout comme un changement de propriétaire, il arrive que des chevaux vivent difficilement un changement de lieu, la perte d’un propriétaire ou des changements successifs de propriétaires (pour les besoins du sport de compétition, du commerce, etc).

Je me rappelle le cas d’un cheval qui après s’être donné corps et âme pendant de longues années de compétition équestre s’est vu mis à la retraite, loin du contact de ses propriétaires. Bien que les intentions de ceux-ci étaient louables et les conditions matérielles propices à son bien-être, ce cheval dépérissait chaque jour de plus en plus. Ayant communiqué avec lui, j’ai ressenti non seulement sa détresse et son désarroi et à quel point il était urgent de prendre la décision de le rapatrier auprès de ses propriétaires, car je ne donnais plus cher de sa santé physique qui se dégradait. Bien consciente des implications personnelles et familiales, financières et pratiques d’une telle décision pour mes clients, il m’était pourtant nécessaire de leur relayer ce message. Ceux-ci n’en furent pas étonnés (sans doute avait-ils besoin de recevoir une confirmation ‘extérieure’) et ils décidèrent de le ramener au sein de leur propriété. Et le cheval retrouva très vite un appétit de vie!

Ceci illustre à quel point chaque cheval a son propre langage émotionnel qui fait partie de sa vie à lui et à quel point un déséquilibre émotionnel peut avoir un impact sur sa santé.

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Inquiétude et stress

Un entraînement intensif, un débourrage hâtif, une demande trop exigeante dans le travail peuvent induire un niveau élevé de stress chez le cheval, qui affectera directement sa santé et cela se traduira notamment par un ralentissement de la circulation de l’énergie vitale, des tensions au niveau des muscles, des articulations, une diminution d’immunité, une respiration affectée,…

Traumatismes

Le bien-être d’un animal peut changer en un instant. Chaque fois que nous utilisons des méthodes de travail ou d’entrainement qui ne conviennent pas à nos chevaux, nous causons des dommages – parfois irréparables – à ceux-ci.

Lorsqu’un cheval a vécu une situation x de manière difficile et tendue, il va en garder un souvenir, une mémoire. D’autant plus s’il n’a pas pu évacuer l’émotion qui était associée à cette situation (ex : ne pas pouvoir fuir une situation stressante car il est enrêné avec longe). Même si le cheval change de propriétaire, à chaque fois que le cheval va revivre la même situation que celle qui lui a provoqué un stress, l’émotion inconfortable (stress, panique,…) va ressurgir immédiatement même si nous n’avions aucune intention de lui causer un inconfort. C’est le cas des traumatismes et émotions ancrées depuis de nombreuses années que le cheval va continuer à porter tant que ces émotions ne sont pas mises à la conscience de son propriétaire. Ceux qui travaillent en thérapie énergétique, massages, shiatsu, … le savent bien.

Dans de telles situations, et après consultation par un vétérinaire, le recours à des thérapies complémentaires comme le massage ou le shiatsu peuvent aider à une libération émotionnelle et donc à un rétablissement de l’équilibre. Car comme nous (lorsque nous consultons un thérapeute), les chevaux ont aussi besoin de pouvoir vider leurs sacs !

Bien-être et stabilité émotionnelles vont de pair

Prendre soin des émotions de nos chevaux, c’est prendre soin de leur santé à long terme. Le bien-être et  la stabilité émotionnels sont tout aussi importants que le bien-être physique. A l’heure actuelle, il est certainement utile de se demander ce que nous savons réellement des besoins de nos chevaux ? Quelle place accordons-nous à l’expression de leurs émotions ?

Les récentes études menées par le département d’éthologie animale de l’ Université de Rennes 1 en France ont montré qu’un cheval moins stressé est un cheval en meilleure santé, disposant de facultés d’apprentissage accrues, et montrant un comportement agréable vis-à-vis de nous, ce qui nous procure indéniablement plus de sécurité et de plaisir.

N’est-ce pas là le souhait de tous les cavaliers ?

 

Merci à Équi Reliance pour ce bel article

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