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Il est considéré que le cheval est âgé à partir de 15 ans, bien que certains parlent d’un début de vieillesse à partir de 20 ans. L’espérance de vie des chevaux a considérablement augmentée ces 15 dernières années grâce à l’avancée de la médecine vétérinaire et aussi par les soins que les propriétaires, de plus en plus soucieux de garder leurs chevaux en forme, prodiguent à leurs compagnons.

Il est courant de trouver des chevaux âges de plus de 20 ans, continuant d’être montés régulièrement par leurs propriétaires, que ce soit pour de la balade ou un peu de travail sur le plat, certains même gardant une certaine fraîcheur et vigueur jusqu’à un âge avancé.

Voyons comment garder notre vieux compagnon en forme et le plus longtemps possible à nos côtés. (Photo : Sissi qui nous a quitté à 34 ans)

Contrôles et entretien des dents :

La première des choses est de faire contrôler les dents de son vieux cheval car vers l’âge de 20/25 ans les dents se déchaussent, tombent et peuvent lui poser des soucis d’alimentation.

Même si votre cheval a été contrôlé régulièrement durant sa carrière sportive ou de loisirs, il faudra continuer de le faire suivre à la même fréquence dès sa mise à la retraite. Les douleurs dentaires entraînent une mauvaise mastication qui elle entraînera une mauvaise digestion et une mauvaise assimilation ce qui peut avoir des conséquences comme un amaigrissement, des coliques, une baisse du système immunitaire…bref c’est l’engrenage !

Les douleurs articulaires :

En vieillissant, le cheval commence à manifester des signes de raideurs et de boiteries, il s’agit de pathologies ostéoarticulaires et d’arthrose.

Cela peut se traduire par un engorgement des membres, une diminution de la flexion et des douleurs sur une articulation. Il est nécessaire de faire un contrôle annuel de son vieux cheval auprès du vétérinaire, afin de le soulager et de l’aider à surmonter ses douleurs.

Problèmes respiratoires :

Le vieux cheval qui a passé sa vie en box est souvent atteint d’emphysème pulmonaire, maladie pulmonaire inflammatoire et chronique. Aucun traitement curatif n’existe mais les traitements anti-inflammatoires permettent de lever les crises et de les espacer. L’environnement du vieux cheval emphysémateux doit être aéré, sans poussière et un fourrage sous forme de cubes ou de flocons devra lui être administré à la place du traditionnel foin. En cas de crise, le cheval devra absolument être vu par le vétérinaire.

Système immunitaire :

Une attention particulière devra être accordée au calendrier vaccinal du vieux cheval. En prenant de l’âge, le système immunitaire du cheval est moins performant et il se retrouve plus sensible aux affections, aux maladies auto-immunes et aux développement tumorales. Des cures à base de phytothérapie peuvent être administrées aux vieux chevaux pour booster leur système immunitaire et le vétérinaire saura vous conseiller.

Etat corporel du vieux cheval :

Une « fonte musculaire » importante au niveau du dos et de l’arrière-main est constatée à partir de l’âge de 30 ans, mais avant cet âge, il ne doit en principe n’y avoir aucune différence entre un cheval de 15 ans et un cheval de 25 ans. Certaines maladies peuvent conduire à une détérioration de l’état corporel du vieux cheval, il s’agit de l’emphysème pulmonaire et du syndrome de cushing qui lui est causé par un dérèglement hormonal (hypercortisolémie), il conduit à un amaigrissement et à l’hirsutisme. A l’inverse, le syndrome métabolique équin (SME), dû lui aussi à un désordre endocrinien, conduit le cheval à un état d’obésité général ou régional (dépôts adipeux au niveau de l’encolure, la base de la queue, au niveau du fourreau ou de la mamelle) et à des crises de fourbures. D’une manière générale, en vieillissant le cheval a tendance à perdre du poids notamment à cause d’une dégradation des performances d’ingestion et de digestion des aliments. Le vieux cheval peut avoir mal aux dents ou présenter des surdents ou caries qui entravent la bonne mastication. La digestibilité de certains nutriments (protéines, phosphore) baisserait avec l’âge selon certains auteurs. De plus, la capacité d’absorption des nutriments est diminuée et pourrait ne plus couvrir la totalité des besoins. L’élimination des déchets et le métabolisme des nutriments sont aussi altérés par une baisse d’activité du foie et des reins.

Par temps froid et pluvieux et si l’état du vieux cheval n’est pas satisfaisant, il faudra le couvrir pour lui éviter de dépenser de l’énergie à se réchauffer.

 

Sissi jument âgée de 34 ans

 

Alimentation du vieux cheval :

La ration du vieux cheval ne doit pas être sous-estimée, elle devra être composée de fourrage et d’aliments concentré riches en protéines, notamment en lysine (tourteau de soja, luzerne). Pour les vieux chevaux atteins du syndrome de cushing ou du syndrome métabolique équin, il faudra limiter l’apport d’aliments riche en amidon. Le son de riz ou de blé, la luzerne, la pulpe de betterave ont un taux d’amidon réduit par rapport au maïs, à l’orge et à l’avoine et seront donc privilégiés pour les chevaux souffrant de ces pathologies. Il est à noter que l’équilibre en minéraux et oligo-minéraux ne changent pas comparé au cheval d’âge adulte mais la supplémentation en vitamine C ou E permet de potentialiser la réponse vaccinale.

Notre vieux cheval qui fut fort et plein de fougue et de vie, a désormais besoin de toute notre attention pour vivre une belle retraite. Sachons être reconnaissant de toute ces belles années qu’il a su nous offrir si généreusement, ne le laissons pas seul au fond de son pré mais redoublons d’amour, de temps et de soins.

 

Sources:

http://www.medecineinternechevaux.com/espace-client/fiches-techniques/le-rao/

http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/maladies/maladies-non-infectieuses/syndrome-metabolique-equin-sme.html

file:///C:/Users/romeo/Downloads/commententretenirsonvieuxcheval-07c32b3a5b0d32634673c86b5b128c4c.pdf