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Dès l’automne, elle apparaît et terrifie les propriétaires de chevaux : cela commence par de petits nodules sous le poil, la peau est granuleuse au toucher et puis progressivement des croutes se forment, les poils tombent au niveau des zones atteintes. Ces zones, jours après jours, semblent s’agrandir et prennent une forme totalement anarchique.

Le changement de temps, la baisse des températures et les pluies froides et plus fréquentes mettent la peau des chevaux à rude épreuve. Ces conditions est le berceau des bactéries cutanées et notamment du « dermatophilus congolensis ». Sur certains hôtes, plus fragiles, ces agents pathogènes se développeront sur les zones du corps les plus exposées aux variations climatiques : croupes, dos, coté de l’encolure, membres. Les zones d’écoulement de l’eau comme les flancs ou le garrot, fortement inondées, présentent elles aussi un terrain propice.

Alors, que faire ?

Si les nodules sous cutanés (ou les zones dépilées en cas de dermatophilose plus avancée) sont peu gênantes pour l’animal, il est souvent préférable  de ne rien faire. La peau va naturellement éliminer l’intrus en quelques jours et le poil va progressivement repousser. L’utilisation d’un désinfectant est à proscrire : il va agresser la peau, rendant les parties dépilées ultra sensibles aux agressions extérieures. Par contre, l’emploi d’un corps gras hydratant (sans eau) peut être utile dans le cas où la peau est dépilée, craquelée et sèche afin d’apporter une barrière supplémentaire à l’humidité. Dans le cas où des croûtes se forment, l’animal aura tendance à se gratter. Non pas pour soulager une démangeaison, mais simplement pour ôter les croutes, devenues gênantes et empêchant l’élimination naturelle de l‘agent pathogène.

La dermatophilose est parfois impressionnante mais reste souvent bénigne. Dans 90 % des cas, elle se résorbe spontanément. Ce qu’il faut combattre avant tout est l’humidité, l’absence de ventilation et protéger la peau si elle est à nue (sans poil). Son apparition chronique est souvent liée à un désordre interne (carences alimentaires, fatigue).

La dermatophilose sur les membres

Souvent appelée « gale de boue » à tort, l’apparition de cette bactérie sur les membres est due aux même raisons que sur les autres parties du corps : l’humidité. Mais la proximité avec la boue et les sols souillés aggrave considérablement le problème. Si la présence de boue collée n’est pas grave, c’est son décollement lorsqu’elle est sèche qui « effrite l’épiderme », emportant avec elles les cellules superficielles de la peau et laissant cette dernière à nue. La peau irritée devient alors un terrain propice aux bactéries, champignons et mycoses qui trainent. Oter la boue encore fraîche en rinçant les membres est une solution peu viable car elle ajoute de l’humidité accentuée par le froid de la saison. Le séchage avec un linge sec peut aider mais reste cependant très aléatoire. Si le cheval est sujet à ce type de pathologies sur les membres, le mieux est encore de prévenir le problème par des applications de vaseline végétale (surtout pas vaseline classique). Mais attention, la « gale de boue » n’est pas forcément une dermatophilose. Il est donc important de faire diagnostiquer précisément la pathologie par votre vétérinaire.

Peg PANSART Laboratoires Animaderm